Indépendant·e en personne physique : comment compléter votre pension légale ?

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    Que doivent faire les indépendants en personne physique pour leur pension ? Et pourquoi est-ce important d’y penser bien avant le départ à la retraite ? Pension légale des indépendants, PLCI et CPTI, avantages fiscaux des solutions de pension complémentaire, combinaison des mécanismes : on fait le tour de la question !

    Pension des indépendants : ce qu’il faut retenir

    • Votre pension légale est celle que vous versera l’État.
    • Vous pouvez la compléter grâce à une pension complémentaire liée à votre activité professionnelle.
    • Pour un indépendant en personne physique, la Pension Libre Complémentaire pour Travailleurs Indépendants (PLCI) est généralement la première solution à envisager.
    • Les cotisations versées dans une PLCI activent un avantage fiscal, avec pour conséquences une diminution de l’impôt et des cotisations sociales.
    • Le montant que vous versez dans une PLCI et l’avantage fiscal sont soumis à un plafond. Vous pouvez opter pour une Convention pour Travailleurs Indépendants (CPTI) pour compléter votre PLCI en bénéficiant d’un autre avantage fiscal.
    • Le montant que vous pouvez consacrer à une CPTI est notamment limité par la règle des 80%.

    Pension des indépendants : un enjeu pour plus tard, des avantages maintenant

    Pourquoi avez-vous intérêt en tant qu’indépendant·e à vous intéresser à la question de la pension avant votre retraite ? Tout d’abord pour une raison évidente : le montant de votre future pension légale d’indépendant·e et son impact sur votre niveau de vie.

    Pension légale : qu’est-ce que c’est ?

    La pension légale (aussi appelée le 1er pilier de pension) est celle que vous versera l’État sur la base de votre activité professionnelle et du paiement de cotisations sociales.

    Son montant dépend de vos revenus, de votre statut (indépendant·e, salarié·e ou fonctionnaire), de la durée de votre carrière et de votre situation familiale.

    Cette pension légale sera, dans tous les cas, inférieure à vos revenus moyens professionnels… et c’est d’autant plus vrai pour les indépendants.

    Si la pension moyenne en Belgique s’élève à 2.046€ (chiffres pour janvier 2025 publiés PensionStat.be), ce montant chute à 1.243€ pour le statut d’indépendant.

    Pour préserver votre niveau de vie quand vous aurez pris votre retraite, vous avez donc intérêt à épargner pour compléter votre pension légale.

    Pension complémentaire des indépendants : qu’est-ce que c’est ?

    Les autorités publiques encouragent cette épargne via des incitants, principalement des avantages fiscaux. Une partie de ces solutions ont un lien direct avec votre activité professionnelle : c’est ce qu’on appelle la pension complémentaire (ou 2e pilier des pensions).

    Pension du 2e pilier : à l’initiative des indépendants

    En tant qu’indépendant·e, c’est à vous de prendre l’initiative et de choisir le ou les options de pension complémentaire qui vous conviennent.  Pour les indépendants actifs en personne physique, le choix se porte souvent sur 2 solutions spécifiques calibrées pour eux :

    • La Pension Libre Complémentaire pour Indépendants, ou PLCI
    • La Convention pour Travailleurs Indépendants, ou CPTI

    Pour certaines professions médicales conventionnées, une prime peut être versée par l’INAMI pour constituer une pension complémentaire, comme expliqué ici.

    La PLCI : la solution de pension générique pour tous les indépendants

    La PLCI est souvent la première solution envisagée pour la pension complémentaire des indépendant en personne physique, et ce pour plusieurs raisons :

    • Elle est accessible à tous les indépendants. Indépendants à titre principal et complémentaires, conjoints aidant bénéficiant du maxi-statut, aidants indépendants, mais aussi les indépendants dirigeants d’entreprise actifs en société.
    • L’avantage fiscal se traduit à la fois par une diminution de l’impôt des personnes physiques et du montant des cotisations sociales.
    • Elle est flexible : d’année en année, vous pouvez adapter son montant ou décider de ne rien verser.
    • Votre contrat de pension libre complémentaire peut aussi vous assurer une protection supplémentaire, par exemple en cas d’incapacité de travail ou de décès. Cela peut se faire soit via l’ajout de garanties optionnelles à votre contrat, soit en optant pour la pension libre complémentaire sociale, une forme spécifique de PLCI.

    PLCI, épargne et avantage fiscal : comment ça marche ?

    Le fonctionnement de la PLCI est simple :

    1. Vous choisissez un organisme de pension avec lequel vous signez une convention de pension libre complémentaire.
    2. Vous versez des cotisations qui vont constituer votre réserve pour votre future pension.
    3. D’un point de vue fiscal, les cotisations sont considérées comme des frais professionnels et déduites comme tels à l’impôt des personnes physiques.
    4. Cette déduction va donc diminuer le montant de vos revenus professionnels imposables, et l’impôt que vous payez sur cette base
    5. Le montant de vos cotisations sociales est calculé sur la base de vos revenus professionnels : elles pourront donc aussi diminuer grâce à la déduction de vos primes PLCI.
    6. Le montant de vos cotisations et de votre avantage fiscal sont soumis à un double plafond légal : un pourcentage de vos revenus et un maximum absolu.
    7. Vous recevrez le montant que vous avez épargné lorsque vous demanderez votre pension légale. Vous n’y avez donc pas accès avant (sauf pour financer un projet immobilier). Lors de son versement, des retenues INAMI (3,55%) et une cotisation de solidarité (2%) sont déduites de son montant. En cas de décès, l’épargne constituée revient aux héritiers.

    Quels plafonds pour ce que vous versez dans votre PLCI ?

    Y a-t-il des contraintes pour ce que vous pouvez verser dans votre PLCI, et donc un plafond pour votre avantage fiscal ? Oui, avec à la fois un minimum et des maximums légaux :

    • Vous devrez au moins verser 100€ dans votre PLCI (111€ pour une PLCIS, voir ci-dessous).
    • Le montant maximum que vous pouvez déduire chaque année dépend tout d’abord de votre revenu de référence. En 2026, vous pourrez verser au maximum 8,50% de ce revenu pour une PLCI, et 9,78% pour une PLCI sociale (voir ci-dessous).
    • En plus du revenu de référence, le maximum déductible est limité par un plafond absolu. Quels que soient vos revenus, vous pouvez déduire au maximum 4.251,39€ via votre PLCI, et 4.891,60€ via une PLCI sociale (voir ci-dessous).

    L’alternative de la PLCI sociale

    La Pension Libre Complémentaire pour Indépendants Sociale (PLCIS) est une variante de la PLCI.

    En plus d’épargner pour votre pension et de bénéficier d’un avantage fiscal, vous profitez d’une protection supplémentaire, appelée volet de solidarité. Concrètement, vous ou vos proches bénéficierez d’une intervention financière dans certaines situations : incapacité de travail ou invalidité, décès…

    Une partie de la prime (minimum légal de 10%) couvre ces interventions sociales.

    Les différences entre PLCI et PLCI sociale

      PLCI PLCI sociale
    Plafond pour la prime versée en 2026 8,50% du revenu de référence, avec un maximum absolu de 4.251,39€ 9,78% du revenu de référence, avec un maximum absolu de 4.891,60€ 
    Couvertures complémentaires : incapacité, décès Pas incluses, mais possibilité d’ajouter des garanties optionnelles Prestations de solidarité incluses

     

    Le revenu de référence pour ma PLCI : qu’est-ce que c’est ?

    Votre revenu de référence est votre revenu professionnel net imposable indexé d'il y a 3 ans. Vous le trouverez sur l'avis de paiement de vos cotisations sociales établi par votre caisse d'assurances sociales. Vous êtes indépendant·e depuis moins de 3 ans ? Le calcul de votre prime sur la base du montant de vos cotisations sociales.

    Votre capital pension pour financer un projet immobilier

    Vous pouvez à certaines conditions utiliser votre épargne PLCI avant votre pension légale pour financer des achats ou rénovations immobilières, tant privés que professionnels, dans l’Espace économique européen. Il s’agit d’une alternative de financement intéressante au crédit hypothécaire, entre autres parce qu’elle n’entraîne pas de frais de crédit, de notaire ou d’enregistrement.

    Cette opération peut se faire sur la forme d’une avance, mais implique aussi le paiement d’intérêts sur la somme empruntée.

    Comment compléter mon épargne et mon avantage PLCI ?

    Vous épargnez déjà le maximum légal via votre PLCI, et vous souhaitez aller au-delà de ce plafond ? La Convention de Pension pour Travailleurs Indépendants (CPTI) est une autre solution de pension complémentaire. Son avantage fiscal est cumulable avec celui de la PLCI.

    La CPTI : pour qui ? Et comment ça marche ?

    La CPTI est réservée aux indépendants actifs en personne physique (entreprise individuelle) à titre principal et complémentaire (moyennant un certain niveau de cotisations sociales), y compris pour les conjoints aidants bénéficiant du maxi statut.

    Les indépendants actifs en société ont accès à un autre type de solution : l’Engagement Individuel de Pension (EIP).

    Concrètement :

    1. Vous analysez ce que souhaitez épargner en plus de votre PLCI. 
    2. Vous choisissez un organisme de pension avec lequel vous concluez une CPTI. 
    3. Vous versez sur cette base des cotisations de pension.  
    4. Le montant de vos cotisations est cependant limité par la règle des 80%.   
    5. D’un point de vue fiscal, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt équivalente à 30% de votre prime. 
    6. Ce mécanisme fiscal est différent de celui de la PLCI. Vous pouvez cumuler ces 2 avantages fiscaux.  
    7. Lors du versement de votre épargne CPTI au moment de votre pension légale, des retenues INAMI (3,55%) et une cotisation de solidarité (2%) sont déduites de son montant, avec aussi un impôt de 10% en personne physique.    
    8. Vous avez la possibilité de demander votre épargne avant l’âge de votre pension légale, mais vous devrez alors payer un impôt de 33% en personne physique.

    La règle des 80% : qu’est-ce que c’est ?

    La règle des 80%, c’est un mécanisme légal qui va fixer une limite à votre future pension globale, donc à la fois ce que vous recevrez via votre pension légale et votre pension complémentaire :

    • Cette pension globale ne peut pas dépasser 80% du montant de vos revenus professionnels (ceux des 3 dernières années dans ce cas d’une CPTI).  
    • Le calcul à effectuer pour appliquer la règle des 80% s’effectue notamment sur la base d’estimation des montants de la pension légale et de la pension complémentaire (exprimée en rente annuelle).
    • Le montant maximal d’une CPTI dépendra donc de la marge dont vous disposez encore pour atteindre cette limite des 80%.
    • Vu la complexité de son calcul, l’estimation du montant de votre CPTI basée sur la règle des 80% nécessite l’intervention d’un spécialiste des pensions complémentaires.

    L’épargne-pension du 3e pilier, le bonus sans lien avec votre activité d’indépendant·e

    Vous souhaitez compléter ce que vous économisez via les solutions de pension complémentaire ? L’épargne-pension vous permet de le faire en bénéficiant d’un avantage fiscal. Ces solutions du 3e pilier ne sont pas liées à votre activité professionnelle. Elles sont accessibles à tous les résidents belges à partir de leurs 18 ans, et l’avantage fiscal est cumulable avec ceux de votre pension complémentaire.

    Indépendants en personne physique : une pension, plusieurs solutions

    Que faut-il retenir de tout ceci ?

    Tout d’abord que la préparation de la pension est un vrai enjeu pour les indépendants en personne physique. Et que les avantages fiscaux qui y sont liés rendent les solutions de pension complémentaire intéressantes.

    Comme les solutions et mécanismes sont souvent cumulables, vous avez tout intérêt à aborder la préparation de votre pension de manière globale. Piocher dans les différentes options, sans forcément vous limiter à une PLCI, peut vous aider à maximiser votre avantage et ce que vous épargnez pour plus tard.

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